Comment se faire des amis dans une nouvelle ville ? Le guide honnête pour 2026
Déménagement pour les études, premier emploi dans une ville inconnue, semestre Erasmus — les premières semaines sans attaches sont rudes. Voici ce qui marche vraiment.
TL;DR
Se faire des amis à l'âge adulte est plus dur qu'on ne le croit — pas parce que tu es bizarre, mais parce qu'il te manque les espaces de rencontre structurés du lycée et de la fac. Trois étapes : visibilité, répétition, profondeur. Les applis aident, mais ne remplacent pas une vraie rencontre.
Tu viens de déménager. Peut-être à Konstanz pour la fac, peut-être pour ton premier emploi, peut-être pour un semestre Erasmus. Ton appartement est installé, la ville est correcte — et te voilà sur le canapé un dimanche soir, sans littéralement personne à qui écrire. Si c'est ce que tu ressens en ce moment : tu n'es pas seul. Une étude Bertelsmann de 2024 a montré que plus de 40 % des 18-29 ans en Allemagne se sentent régulièrement seuls — plus que dans n'importe quelle autre tranche d'âge.
La bonne nouvelle : se faire des amis à l'âge adulte est une compétence qui s'apprend. Elle n'est pas innée, et elle a peu à voir avec le fait d'être « intéressant » ou non. C'est une affaire de structures, de répétition et de patience. Voici ce qui marche vraiment.
Pourquoi c'est plus difficile à l'âge adulte (et c'est normal)
Au lycée, tes amis étaient simplement là. À la fac, il y avait les groupes de la semaine d'intégration, la recherche de coloc, les événements de l'asso étudiante — des espaces structurés où de nouvelles rencontres se font en permanence. Avec le premier emploi, ces structures disparaissent. Les collègues sont sympas, mais souvent plus âgés ou à une autre étape de leur vie. Plus personne ne « modère » les rencontres à ta place. Les espaces, c'est à toi de les créer.
Ce n'est pas une faiblesse — c'est la réalité quand on a entre 25 et 35 ans. Une fois qu'on l'a compris, on arrête de se demander « pourquoi je n'ai plus d'amis ? » et on commence à se demander « où naissent encore les amitiés aujourd'hui ? »
Les trois phases — visibilité, répétition, profondeur
Les amitiés naissent en trois phases, qu'on ne peut pas sauter :
Phase 1 — Visibilité : Tu dois te montrer là où il y a d'autres gens. Ça paraît banal, mais 80 % de la solitude vient de la phase 1. Quand on fait la navette cinq jours par semaine entre l'appart et le bureau, on ne croise personne de nouveau. Le minimum : au moins deux rendez-vous par semaine hors de chez toi, dans des lieux où tu croiserais des gens qui te ressemblent. Bibliothèque, salle d'escalade, cours de langue, quiz au bar, café en coworking.
Phase 2 — Répétition : Voir une personne une fois, c'est le hasard. Trois fois, c'est un motif. Sept fois, c'est le début d'une amitié. Les chercheurs appellent ça l'« effet de simple exposition » — on apprécie automatiquement davantage les gens qu'on voit souvent, même sans conversation approfondie. C'est pourquoi les activités régulières (le volley tous les mardis, le coworking tous les vendredis) sont bien plus puissantes que les grands événements ponctuels.
Phase 3 — Profondeur : Ce n'est qu'après plusieurs rencontres que s'ouvre l'espace pour de vraies conversations. N'essaie pas de forcer la profondeur dès la première heure. Pose de petites questions concrètes, invite une fois explicitement quelqu'un à prendre un café, reste patient. Les amitiés profondes demandent 6 à 12 mois.
Où les amitiés naissent vraiment — et où non
La vérité honnête : les applis seules ne font pas d'amis. Ce sont des outils qui réduisent la friction du premier pas — donc la phase 1, la visibilité. Mais l'amitié naît quand on se retrouve, pas quand on swipe.
Ce qui a toujours marché marche encore : une activité commune avec une barrière d'entrée basse. Escalade, volley, théâtre d'impro, clubs de lecture, tandems linguistiques, cafés en coworking. Faire quelque chose ensemble rend la conversation plus facile — personne n'a à fabriquer du bavardage devant une table vide.
Ce qui marche plutôt mal : les grandes boîtes de nuit (trop bruyantes, trop dans la représentation), les applis de rencontre pures (mauvais cadre pour l'amitié), les événements de masse sans suite (aucune répétition possible).
Concrètement : les 3 premiers mois dans une nouvelle ville
Semaines 1-2 : Note cinq activités qui t'intéressent vraiment — pas celles dont tu penses qu'elles devraient t'intéresser. Pour chacune, trouve un point de contact local (club, café, appli, meetup). Prévois une seule chose pour la première semaine.
Semaines 3-8 : Fais la même activité chaque semaine. Même si la première fois était décevante — retournes-y. Souviens-toi de la phase 2. Sois celui qui dit « Tiens, j'étais déjà là mardi dernier » — personne d'autre que toi ne le fera.
Semaines 9-12 : Ose demander explicitement, plusieurs fois. « Ça te dit d'aller boire un verre après l'entraînement ? » « Certains d'entre vous font quelque chose ce week-end ? » De la patience, mais de l'initiative. Qui attend se fait oublier.
Ce qu'il ne faut pas faire
N'utilise pas Tinder ou Bumble pour te faire des amis. Même quand ces applis proposent un « mode amis », leur usage dominant reste la rencontre amoureuse, et ça fausse le cadre. Soit on te comprend de travers, soit tu récupères une énergie « plan d'un soir ». Nous avons détaillé quelles applis fonctionnent vraiment pour l'amitié (et lesquelles non) dans notre comparatif des applis d'amitié.
N'essaie pas trop de choses à la fois. Mieux vaut une seule activité pendant trois mois, avec constance, que huit activités deux semaines chacune. Répétition > variété.
N'attends pas chez toi. Personne ne vient sonner par hasard à ta porte pour te demander si tu as besoin d'amis. Il faut sortir, chaque semaine.
Ce que font les applis comme S'Up (et ce qu'elles ne font pas)
On ne construit pas S'Up pour que tu restes scotché à ton téléphone, mais pour que tu aies moins de friction à l'étape 1. Si à 19 h tu ne sais pas où sont les gens ce soir, tu vas probablement rester chez toi. Si en dix secondes tu vois « trois étudiants de première année se retrouvent au bar Klimperkasten, il reste de la place » — l'obstacle est plus bas.
Mais : l'appli ne remplace pas le fait d'y aller vraiment. Elle ne remplace pas le fait de revenir. Elle ne remplace pas la patience des trois premiers mois. Toute appli qui promet « de nouveaux meilleurs amis en une semaine » ment.
Questions fréquentes
Combien de temps avant d'avoir de vrais amis ? Les études (Jeffrey Hall, 2018) l'estiment : en moyenne 50 heures pour une « amitié légère », 90 heures pour une « amitié », plus de 200 heures pour une « amitié proche ». Réparti sur 3 à 6 mois = 1 à 2 heures par semaine. C'est faisable, mais pas en deux semaines.
Est-ce normal de se sentir encore seul après six mois ? Oui, malheureusement. La plupart des gens sous-estiment le temps que demande une vraie amitié. Si après six mois tu as tenu bon avec constance (phase 2 !) et que tu te sens toujours seul — regarde tes activités de phase 1. Elles sont peut-être trop sporadiques, ou trop grandes (plus de 20 personnes).
Les tandems linguistiques marchent-ils vraiment ? Oui, pour la plupart des étudiants Erasmus à Konstanz, c'est l'outil le plus efficace. L'université de Konstanz propose un programme de tandem officiel (SLI) — barrière d'entrée basse, cadre en tête-à-tête, bénéfice mutuel, répétition automatique.
Et si je suis introverti ? Cherche les petits formats en groupe (4 à 8 personnes) plutôt que les grands événements. Soirées jeux de société, clubs de lecture, groupes de randonnée. Les introvertis nouent souvent les amitiés les plus profondes — il leur faut juste des espaces plus petits.
À Konstanz en particulier — par où commencer ? Le sport universitaire de l'université de Konstanz (pour les étudiants), les événements de la bibliothèque municipale, le Café Voglhaus (café en coworking), le Klimperkasten (bar étudiant). Et puis : la promenade du lac de Constance est, l'été, un lieu de rencontre naturel — il suffit d'être dehors. Tu trouveras des événements à Konstanz et des activités estivales entre amis par ici.
Se faire des amis n'est pas une compétition. Personne ne distribue de points pour « la vitesse ». Sois patient, sois visible, sois régulier. Dans six mois, la ville ne sera plus la même. Si tu veux la vue d'ensemble de la démarche, elle est réunie sur notre page se faire des amis.
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